L'acte de Résistance
La disparition de Raymond Aubrac me touche tout particulièrement. Cet homme d’exception, aux côtés de son épouse, Lucie, était l’une des dernières grandes figures de la Résistance. Tout au long de sa vie, soucieux d’expliquer le sens de son engagement, de son refus du pire, Raymond Aubrac aura toujours été le porte-parole des valeurs de solidarité et de justice. Son nom, aujourd’hui, entouré des plus légitimes hommages, qui entre dans l’Histoire, reste associé à un acte dont il est important de mesurer le sens, la portée, toute la difficulté.
Fruit d’une jeunesse généreuse, cette résistance au nazisme, à la soumission ou à l’acceptation du plus grand nombre, n’avait rien d’évident. Cette foi, à l’heure du pire, en un monde meilleur, en une victoire de la démocratie, allait donner aux combattants de l’ombre, toute leur vie durant, un allant, une fougue, un enthousiasme extraordinaires.
Ce n’est pas un hasard si, en reconstruisant la France, sur des fondations nouvelles, plus égalitaires, un grand nombre de Résistants n’a pas choisi la voie du conservatisme, de l’immobilisme, ne s’enfermant jamais dans la nostalgie de jeunes années en partie dérobées. Transmettant, révélant le sens du combat pour défendre l’humain dans ce qu’il a de plus beau, de plus noble, ils sont les grands-parents et arrière-grands-parents des indignés, lecteurs émerveillés du livre de Hessel.
Juste parmi les Justes, Raymond Aubrac nous invite à rester éveillés, dans le refus de toute barbarie, et à l’écoute de la jeunesse qui donne au monde sa juste respiration !





