François,
Voici le discours que j'ai prononcé lors de la venue de François Hollande jeudi 19 avril à Cenon.
François,
Ta présence ce soir, pour ton dernier grand meeting d’avant premier tour, est un immense privilège. D’une certaine façon tout a commencé à Mérignac le 4 janvier et se termine aujourd’hui sur l’autre rive, la nôtre, après une campagne dont je pressens qu’elle restera mémorable dans l’esprit et dans le cœur du peuple de gauche.
Tu nous l’avais dit à Mérignac : « je reviendrai en Gironde ». Nous en doutions un peu tellement une campagne présidentielle emporte et dépasse le candidat lui-même. Tu as finalement tenu parole et tu nous donnes, ce soir, un moment de combat politique de rassemblement et d’espoir dont on se souviendra, j’en suis sûr, comme du meeting de François Mitterrand, ici, à Cenon, il y a 31 ans.
Nous arrivons au terme d’une des campagnes présidentielles les plus difficiles mais aussi les plus graves que nous ayons vécues depuis 1988.
Cette campagne est « grave » parce qu’il y va de l’avenir de notre cher pays assailli par le doute, entretenu dans la crainte quand ce n’est la peur, en permanence divisé, sans doute pour mieux régner.
Un pays auquel la Gironde du grand Montesquieu apporta le principe du partage des pouvoirs, aujourd’hui dangereusement mis à mal, un pays en quasi faillite (faillite d’une dette publique de 1 600 milliards d’euros, faillite d’un commerce extérieur, d’un déficit de 70 milliards, faillite des comptes sociaux à hauteur de 150 milliards de déficit cumulé), un pays dans lequel les faillis eux-mêmes osent nous administrer des leçons de gestion et nous imputer leur propre chaos.
Cette élection est grave, je veux dire capitale pour l’avenir de la Gauche tout entière et du Parti Socialiste en particulier. Un parti de gouvernement tel que le nôtre, porté à cette responsabilité et à cette exigence par le génie d’Epinay et de François Mitterrand, ne peut pas défaillir aujourd’hui dans son devoir d’alternance à un pouvoir qui a démoralisé la France, et menace ses principes républicains les plus essentiels au pacte national : l’école publique, la laïcité, le pacte social du Conseil National de la Résistance, la séparation des pouvoirs institutionnels : ces quelques immenses et grands principes universels qui font la France et son vivre ensemble. Oui, François, nous avons un impérieux devoir de victoire. A trois jours du premier tour, nous mesurons avec reconnaissance et espoir le formidable travail que tu as accompli à notre tête et à celle du peuple de Gauche pour proposer aux Français une alternance crédible, responsable, transparente, honnête, empreinte du principe de justice tellement piétiné et sans lequel il n’y a pas de redressement national envisageable.
Au terme d’un long marathon engagé lors de nos primaires citoyennes, tu as su rassembler le parti comme jamais depuis François Mitterrand, tu as été à la rencontre des Français, de tous les Français des champs et des villes pour les écouter et les comprendre. Tu as imprimé à notre campagne une ligne politique sereinef, persévérante, tranquille, inaltérable malgré les agitations, les provocations et les attaques personnelles du camp d’en face. Tu t’es engagé sur un programme clair, chiffré, réaliste, correspondant aux âpres exigences de la situation que la Droite nous laisse. Tu n’as jamais varié, ni de ligne, ni de comportement, ni de discours.
Pour nous tous ici, François, la force c’est toi, la force c’est ce peuple de France que tu rassembles au-delà même des tiens et de la Gauche. Cette force sereine m’en rappelle une autre que l’on appelait « la force tranquille » et qui nous a menés à la victoire de 1981.
C’est la raison pour laquelle ma modeste et longue expérience m’autorise à penser que tu vas gagner le 6 mai et avec toi, la justice et les valeurs de notre République.
Chers amis, dimanche, François Hollande doit être le plus haut possible. Lui seul peut, dans cette élection déterminante pour l’avenir de notre peuple, apporter le changement, l’alternance, la victoire de la gauche.
Comme dans une mêlée de rugby victorieuse, il faut pousser très fort pour l’accompagner sur le chemin du succès !
Vive la victoire de François Hollande !
Philippe MADRELLE





