La parole aux élus locaux !
Le vingt-cinq avril dernier, je suis intervenu lors du Salon des Elus Locaux d'Aquitaine qui se déroulait à Bordeaux.
Ce fut pour moi l'occasion de leur adresser un certain nombre de messages sur le rôle qui doit être le nôtre, en particulier dans la période très difficile que nous traversons.
Je vous propose, si vous le souhaitez, de découvrir le contenu de mon allocution.
Alsace : non à une fusion forcéeLes habitants du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ont donc tranché, hier : ils ne veulent pas voir leurs départements respectifs disparaître dans une seule et même entité, celle de l’Alsace. La seule Région détenue par la droite a donc loupé son coup. Voulant sans doute donner une prolongation à la réforme de la décentralisation de Sarkozy, aujourd’hui abandonnée, elle a échoué.
L’Histoire l’a prouvé… Nos concitoyens n’entendent pas se voir dicter par la force des changements aussi contradictoires avec leur identité, la personnalité profonde des territoires où ils vivent et travaillent. L’Alsace aurait pu se souvenir de l’exemple corse puisque déjà, en 2003, les habitants des deux départements de Corse du Sud et de Corse du Nord avaient rejeté une proposition identique.
Ceux qui imaginent encore rayer de la carte les départements en seront pour leurs frais. Le département est détenteur d’une réalité liée au chemin décentralisateur accompli depuis la Révolution française et que les lois de 1982 ont considérablement ouvert. Si nos concitoyens y tiennent, ce n’est pas le fruit du hasard. Plus que jamais dans la période difficile que nous traversons, ils invitent chacun à y réfléchir à deux fois avant de sacrifier la proximité. Une constitution résolument moderneIl y a, en Gironde, plus de 34 000 étrangers issus de nations hors de la Communauté Européenne, qui vivent et travaillent dans nos communes. Un très grand nombre d’entre eux sont impliqués dans la vie de la cité, au sein des associations, qu’elles soient d’essence sociale, de nature culturelle ou sportive. Aujourd’hui, ni l’Assemblée Nationale ni le Sénat ne remettent en question le droit des personnes étrangères extracommunautaires et installées en France depuis cinq ans au moins, de voter et même d’être éligibles aux élections municipales. Les Députés ont voté pour ce principe, en mai 2010, et les Sénateurs en décembre 2011.
Qu’attend-on ? Que certains médias ou groupes de pression détournent la question et retournent l’opinion, comme cela a été le cas dans le débat en faveur du mariage pour tous qui a été adopté mais avec quels remous ! L’attente n’est pas toujours la meilleure conseillère. En ce qui concerne le droit de vote des étrangers aux élections locales, il convient donc de mettre en œuvre la révision constitutionnelle nécessaire et, sans tarder, si nous voulons que la loi s’applique dès les municipales de 2014.
Je soutiens naturellement, en ce sens, l’action du Collectif girondin « Droit de vote 2014 » car notre constitution doit être résolument moderne, répondre aux attentes et aux réalités de notre société, sans céder à la frilosité et aux tentatives de repli sur soi. N’oublions pas ce que Léo Campion a écrit : « L’étranger, c’est votre miroir qui le renvoie ». L’exemplarité au sommetLa réaction du Chef de l’Etat, sa rapidité à entériner la démission de Jérôme Cahuzac, sont dignes de notre plus grand respect. Si nous devons nous garder de tout jugement hâtif et laisser la Justice suivre son cours quant aux faits qui seraient reprochés à l’ex-ministre du Budget, je constate que l’attitude du Président de la république est conforme à ses engagements d’une République irréprochable. Cette exemplarité au sommet de la Nation doit trouver un écho auprès de nos compatriotes qui ne peuvent qu’apprécier un homme qui met en accord sa parole et ses actes. Le 19 mars, une date qui s'impose !51 ans après le cessez-le-feu en Algérie, ce 19 Mars 2103 est la première commémoration officielle dédiée à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie ! Je devine aisément la satisfaction des adhérents et des amis de la FNACA de voir enfin cette date historique définitivement et officiellement inscrite dans le calendrier commémoratif national des cérémonies. L'aboutissement tant attendu de cette loi concrétise cinquante années de persévérance et de détermination que j'ai fidèlement soutenues. Combien d'interventions, combien de questions écrites aux différents ministres délégués aux Anciens Combattants ai-je posées au cours de ma vie parlementaire?... J'ai toujours soutenu avec force et fidélité cette légitime revendication de la FNACA. Voté le 8 Novembre dernier au Sénat, ce texte représente l'hommage aux 25 000 morts et 65 000 blessés français de la guerre d'Algérie. Trop longtemps restée guerre sans nomet sans date officielle, la guerre d'Algérie se voit enfin officiellement reconnue. Cette date ravive bien évidemment des souffrances car comme dans tous les conflits, ce cessez-le-feu a été suivi d'exactions des deux côtés. Si cette date n'occulte en rien les événements tragiques qui suivirent, le 19 Mars est la seule date qui s'impose sur le plan historique et comme l'a rappelé mon collègue et ami Alain Néri -Sénateur du Puy de Dôme- et rapporteur de cette proposition de loi "Cinquante ans après, il est temps de le reconnaître" ! Une page importante de l'histoire contemporaine de notre pays vient d'être reconnue et pourra désormais figurer dans les manuels scolaires. Ainsi pourra être accompli avec force cet indispensable devoir de mémoire qui repose sur le respect des faits et la reconnaissance de l'histoire. Nous le devons non seulement aux victimes et aux familles mais également aux jeunes générations qui ont une exigence de vérité, de justice et de paix. Au-delà de l'hommage national rendu aujourd'hui aux trop nombreux morts de la guerre d'Algérie, cette date du 19 Mars doit symboliser la promesse d'une paix désormais retrouvée et apaisée des deux côtés de la Méditerranée! |



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